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Photographe pro : Passer du reflex à l’hybride, mon retour sur expérience

Habitué des reflex Canon, c’est avec beaucoup de temps de réflexion que je me suis lancé dans l’aventure hybride. Mon choix c’est porté sur le Sony a7RII suite à de nombreuses recherches et lecture/visionnage de tests. Je me suis donc finalement lancé et ai passé commande de ce (très) onéreux boitier.

Il m’a tout de même fallu 3 mois pour me décider à passer du monde des reflexs vers celui des hybrides. En tant que photographe professionnel ce n’est pas un changement anodin et c‘est donc avec beaucoup d’excitation mais aussi encore quelques craintes que j’ai reçu mon alpha 7.

Pourquoi l’hybride ?

Que vous soyez professionnel ou pas et que vous avez plus de 25 ans, vous connaissez sans doute cet agréable douleur lombaire qui vient vous rendre visite chaque journée ou demi-journée passée en compagnie de votre gros reflex…

Douleur-DosEn effet, un 5D mark II pèse environ 950g, ajoutez lui un 24-70 f/2.8 de 805g, un grip de 310g, deux batteries de 75g chacune et probablement un flash de 300g si vous êtes en plein reportage pour un mariage. Cela vous fait un total d’environ 2.4 kilos à tenir à bout de bras des heures durant.

J’entends d’ici votre kiné se frotter les mains !

 

Vous l’aurez donc compris, j’ai commencé à réfléchir à une alternative moins lourde lorsque mon dos me l’a explicitement recommandé.

Entre compact, bridge et hybride la question ne s’est même pas posée… Seul l’hybride est capable de concurrencer directement un boitier reflex. Pouvoir changer d’objectif est tout simplement indispensable, mais ça, vous le savez déjà très bien.

Pourquoi Sony ?

Aurais-je été un peu trop influencé par la communication de la marque sur les réseaux sociaux et dans les médias ? Possible… Cependant, je n’ai pas trouvé d’autres alternatives non plus !

Mes principaux critères étaient les suivants:

  • Un capteur Plein Format : Parce-que bon voilà…
  • Une meilleure résolution : Plutôt un souhait personnel qu’un besoin pro.
  • La possibilité d’utiliser mes objectifs Canon : Les Sony ne font pas encore le poids.
  • De la vidéo en 4K : Là aussi, plutôt une envie personnelle.
  • Conserver une bonne prise en main : Une bonne ergonomie est indispensable.
  • Retrouver un marché de l’occasion plutôt actif : Car j’achète rarement du neuf.

Actuellement seule Sony propose des boîtiers regroupant ces critères dans sa gamme « alpha 7 » et il est clair qu’ils ont donné un gros coup de pied dans la fourmilière avec la version II de l’a7R !

Pourquoi l’α7R II ?

Premièrement, tous les critères listés ci-dessus sont réunis dans ce boitier (le marché de l’occasion s’agrandissant petit à petit au même rythme que le parc optique).

De plus, le très gros avantage du Sony comparé aux 5Ds et 5DsR de Canon est son capteur stabilisé de 42Mpx. J’insiste sur ce point car le moindre tremblement devient visible sur ces capteurs à très haute résolution. La règle du 1/80s (ou 1/60s) n’est plus du tout valable pour les 5Ds et 5DsR ! D’après ce que j’ai pu lire chez des confrères, il vaut mieux ne pas descendre sous les 1/160… Ce qui devient plutôt contraignant dans certains cas.

EDIT d’après test : J’ai pu réaliser des photos parfaitement nettes, de nuit, à main levée, à 1/10s, sans prendre d’appui.

Quelques points négatifs m’ont tout de même longuement fait hésiter:

  1. L’autonomie des batteries est ridicule et il n’existe pas de chargeur double
  2. La prise en main est bonne mais ne vaut pas celle d’un reflex
  3. Les boutons sont plus petits et plus difficiles d’accès
  4. Une « bonne » bague d’adaptation pour conserver mes objo Canon coûte environ 500€ ! (Metabones)
  5. Le choix des collimateurs est bien moins rapide et fluide qu’avec le joystick d’un 5D
  6. L’organisation des menus est… comment dire… bien étrange…

C’est donc bien ces 6 éléments qui m’ont fait hésiter durant 3 longs mois. Certains semblent négligeables mais d’autres beaucoup moins pour moi, surtout dans un contexte professionnel ou l’on ne peut pas se permettre de perdre du temps avec l’ergonomie de son boitier face à un client.

Est alors venue naître une nouvelle réflexion en moi :

Ai-je réellement besoin d’un boitier aussi performant ?

Il est clair que mes clients ne verront jamais la différence (ils n’avaient déjà pas remarqué mon passage de l’APS-C vers le Plein Format) et ne remarqueront pas mon changement de boitier étant donné que je livre majoritairement des images compressées en 2048px de large… Néanmoins, je ne suis pas à l’abri de décrocher un très gros contrat pour de l’affichage publicitaire en 10 mètres sur 10, c’est sur, mais quelles sont les probabilités ? Cela ne suffirait sans doute pas non plus à justifier l’achat d’un capteur de 42Mpx.

En réalité, si ce boitier m’a autant séduit, c’est avant tout parce-que je savais qu’il m’offrirait une très grande satisfaction personnelle lors de mes travaux en tant qu’auteur (projets personnel, reportages de voyages et expo/vente d’œuvres).

Après 1 mois d’utilisation

24/01/2016

Mon premier bilan est mitigé mais penche tout de même largement vers le positif !

Pourquoi mitigé ? Parce-que pour le moment je ne m’imagine toujours pas réaliser un mariage avec ce boitier, ni un reportage sportif par exemple. En effet, je trouve l’accès aux touches toujours trop approximatif et ne suis pas encore aussi rapide et réactif qu’avec mon 5D. Il me manque cruellement ce petit joystick pour changer de collimateur du bout du doigt…

L’auto-focus me déçoit également un peu, mais cela est sans aucun doute dû à l’utilisation de la bague d’adaptation Metabones (Non, je n’ai pas encore testé de focale Sony). La bague Metabones fonctionne plutôt bien dans la majorité des cas, mais il m’est arrivé quelques fois d’être confronté à une perte totale de mise au point auto. Imaginez-vous devoir éteindre et rallumer votre boitier plusieurs fois face à votre client… l’horreur ! J’ai depuis trouvé une astuce qui fonctionne avec mon 24-70 : un petit changement de la focale et hop le cadre de mise au point réapparaît comme par miracle. Ce soucis reste actuellement un mystère pour moi.

Après 3 mois d’utilisation

11/03/2016

Je reste toujours aussi mitigé même si le plaisir que je prend à utiliser le boitier reste intact.

Je connais pas mal de soucis avec la bague d’adaptation Metabones. Il m’arrive bien trop souvent de perdre l’AF ou l’information d’ouverture à cause d’un mauvais contact entre la bague et les objectifs. Je ne sais pas s’il s’agit d’un défaut de fabrication ou si ce soucis est récurent et existe chez d’autres utilisateurs (si vous avez des pistes, n’hésitez pas).

Je viens également de découvrir un autre défaut très troublant et limite scandaleux : Il semblerait que Sony n’ai pas du tout optimisé l’interface logiciel et matériel pour écrire les fichiers photos et vidéos à plus de 35MB/s sur la carte SD. Pour en savoir plus, je vous invite à lire mon article à ce sujet.

Sinon, côté utilisation journalière, la compacité reste l’argument n°1 que je mettrais en avant, viens ensuite bien sur la qualité des prises de vue. Je reste fan et accro au fichier RAW fourni par le capteur : très belle dynamique et retranscription des textures et ambiances de lumière.

Aspects positifs

- Capteur stabilisé
- Résolution
- Dynamique du capteur
- Ressenti de fiabilité et de solidité
- Boitier ni trop lourd ni trop léger
- Bonne prise en main
- Ecran inclinable et de très bonne qualité
- Discrétion

Aspects négatifs

- Autonomie bien trop faible
- Accès à certaines touches peu ergonomique
- Accès aux choix des collimateurs
- Perte d'AF-C avec la bague Metabones
- Menu complexe et mal organisé

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Une chose est certaine, le Sony a7RII est un bijou de technologie. Mais est-il 100% compatible avec les besoins d'un photographe pro ? Je dirais, oui et non. La qualité d'image est bluffante, l'encombrement et le poids sont idéals. Mais l'utilisation d'une bague d'adaptation fait perdre beaucoup de fluidité durant certains travaux nécessitant une réactivité de reflex.

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A propos de l'auteur
Olivier Schmitt
Photographe professionnel, originaire d'Alsace (France), ancien Directeur Technique sur les films d'animation "Minions", "Moi, Moche et Méchant" et "Le Lorax".
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